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Relations & Communication

Relations &
Consentement

Comprendre le consentement, reconnaître ce qui est juste ou non dans une relation, et savoir quoi faire si quelque chose ne se passe pas bien.

Tu es au bon endroit si…

Tu te poses des questions sur ce qui est "normal" ou non dans une relation amoureuse ou physique
Tu as vécu une situation où tu t'es senti·e obligé·e de dire oui alors que tu voulais dire non
Tu veux comprendre ce que veut vraiment dire le consentement — au-delà des cours de SVT
Tu cherches des mots pour nommer ce que tu as vécu, ou pour en parler à quelqu'un

Le consentement —
ce que ça veut dire vraiment

Le consentement n'est pas juste "ne pas dire non". C'est un accord actif, libre, éclairé et révocable à tout moment. Ces quatre mots changent tout.

16 ans âge légal
de consentement sexuel en Suisse · toute relation sexuelle avec un·e mineur·e de moins de 16 ans est un crime · Code pénal suisse, art. 187
Non = non
quelle que soit la relation, le moment, la tenue ou l'histoire passée — le non est toujours valable · Code pénal suisse, art. 189–190
Révision 2024
la Suisse a révisé son droit pénal en 2024 : le viol est maintenant défini par l'absence de consentement ("Non c'est non") · CP suisse révisé

Oui, non, peut-être —
lire la situation

Le consentement ne se passe pas toujours dans des situations claires. Voici des scénarios réels pour apprendre à les reconnaître.

Consentement clair
Les deux personnes expriment clairement leur accord. Elles peuvent poser des questions, mettre des limites, s'arrêter à tout moment sans que l'autre soit blessé·e ou insistant·e. Il y a de la communication, du respect, et aucune pression implicite ou explicite.
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Zone grise — à clarifier
"J'ai pas vraiment dit oui, mais j'ai pas dit non non plus." Si tu n'es pas sûr·e de ce que l'autre veut — demande. Si tu n'es pas sûr·e de ce que tu veux toi-même — dis que tu as besoin de réfléchir. L'hésitation n'est pas un oui. Le silence n'est pas un oui.
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Absence de consentement
Une personne est ivre, endormie, sous pression, a peur des conséquences, ou dit non mais l'autre insiste. Aucune de ces situations n'est un consentement — même si la personne ne se débat pas, même si c'est un·e partenaire, même si "avant c'était OK".
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Pression et coercition
"Si tu m'aimais vraiment…" / "Tout le monde le fait." / "Je vais me mettre en colère." / "J'ai pas attendu tout ça pour rien." Ces phrases sont des formes de manipulation. Un oui obtenu par pression n'est pas un consentement — c'est une capitulation.
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Changer d'avis — c'est toujours possible
Tu as dit oui et tu changes d'avis en cours de route. Tu peux t'arrêter. Tu peux dire "stop". Une personne respectueuse s'arrête immédiatement. Si l'autre ne s'arrête pas — c'est un acte illégal, quelle que soit l'histoire entre vous.

La pression et la manipulation —
les reconnaître

La coercition n'est pas toujours violente. Elle peut être subtile, progressive, difficile à nommer — surtout quand elle vient de quelqu'un qu'on aime ou admire.

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La pression émotionnelle
"Si tu refuses, c'est que tu ne tiens pas à moi." Lier le refus à l'amour ou à la valeur de la relation. Le but : te faire sentir coupable d'avoir des limites. Avoir des limites n'est pas trahir quelqu'un — c'est se respecter.
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L'insistance
Tu as dit non. L'autre continue à demander, à argumenter, à revenir à la charge. Un non répété face à l'insistance finit souvent par céder — pas par conviction, mais par épuisement. Un oui arraché par l'insistance n'est pas un oui.
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L'alcool et les substances
Une personne sous l'effet de l'alcool ou de drogues ne peut pas donner un consentement valable — même si elle dit oui. C'est une règle légale, pas une convention. Profiter de l'état d'une personne pour obtenir quelque chose = agression sexuelle.
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Le chantage aux photos
Partager ou menacer de partager des photos intimes sans accord = revenge porn = crime en Suisse (art. 197a CP). Même si les photos ont été envoyées librement au départ. Même si vous étiez en couple. La diffusion non consentie est punissable.
👁️
Le contrôle et la surveillance
Vérifier ton téléphone, contrôler qui tu fréquentes, te demander de rendre des comptes sur tes déplacements, te couper de tes amis. Ce n'est pas de l'amour possessif — c'est de la violence psychologique. Dans une relation saine, les deux personnes restent libres.
😶
Le gaslighting
"Tu exagères." / "Tu es trop sensible." / "Ça s'est pas passé comme ça." Faire douter quelqu'un de sa propre perception de la réalité pour minimiser ce qu'il ou elle a vécu. Si tu ressens constamment que tu "exagères" dans une relation, c'est souvent un signal d'alarme.

Dire non, entendre non —
les deux côtés

Le consentement est une compétence de communication que tout le monde peut développer. Les deux côtés — dire et entendre — s'apprennent.

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Dire non — sans avoir à se justifier

Un non n'a pas besoin d'être justifié. "Non" est une phrase complète. "Non, je ne veux pas" suffit — tu n'as pas à expliquer pourquoi, t'excuser ou inventer une excuse. Si quelqu'un exige une explication pour un refus, c'est déjà un signal qu'il ne respecte pas tes limites.

"Non" est une phrase complète
🫀

Entendre non — sans dramatiser

Quand quelqu'un dit non, c'est inconfortable — surtout si on attendait la situation depuis longtemps. Mais un non n'est pas un rejet de ta personne — c'est une limite sur une situation précise. Réagir avec colère, tristesse ostensible ou pression face à un non force l'autre à gérer tes émotions à la place des siennes. Ce n'est pas juste.

Non à une situation ≠ rejet de la personne
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Demander plutôt qu'assumer

Si tu n'es pas sûr·e de ce que l'autre veut — demande. "Est-ce que c'est OK pour toi ?" / "Tu veux qu'on s'arrête ?" / "Tu es à l'aise ?" Ce n'est pas maladroit ni romantiquement nul — c'est du respect, et c'est ce qui distingue une bonne relation d'une relation où l'un écrase l'autre.

Demander = respecter · pas de la maladresse
🌱

Dans une relation durable — ça se reparle

Le consentement n'est pas un accord signé une fois pour toutes. Il se re-vérifie, se rediscute. Ce qui était OK il y a 6 mois ne l'est peut-être plus. Ce qui était non peut devenir oui. Les limites évoluent — et une relation saine le respecte.

Le consentement est continu, pas figé

Les mythes sur
le consentement

« Si elle/il ne se débat pas, c'est qu'elle/il est d'accord. »
La réaction de "freezing" (se figer) est une réponse neurobiologique automatique au stress intense — comme fuir ou se battre. Beaucoup de victimes ne réagissent pas physiquement. L'absence de résistance n'est pas un consentement.
« On est en couple — ça implique le consentement. »
Non. Être en couple ne donne aucun droit sur le corps de l'autre. Le viol conjugal est reconnu et poursuivi en Suisse (art. 190 CP). À tout moment, dans n'importe quelle relation, le non doit être respecté.
« Elle/il avait bu — mais c'est elle/lui qui avait commencé. »
Une personne en état d'ivresse ne peut pas consentir valablement. Peu importe qui "a commencé" ou quelle était l'ambiance. La responsabilité est toujours du côté de la personne en état de sobriété relative.
« Si on en a déjà parlé ou qu'on s'est embrassé·e, l'autre sait à quoi s'attendre. »
Chaque acte nécessite son propre consentement. Un baiser n'est pas un accord pour aller plus loin. Une conversation sur la sexualité n'est pas un accord pour passer à l'acte. Le consentement se donne à chaque étape.
« Les garçons sont toujours partants — ils peuvent pas vraiment "subir". »
Ce mythe est dangereux et faux. Les garçons et les hommes peuvent aussi vivre des situations non consenties. Le mythe selon lequel les garçons veulent "toujours" fait qu'ils parlent beaucoup moins et sont moins crus quand ils le font — avec des conséquences sérieuses sur leur santé mentale.

Ce n'est pas ta faute —
et il y a des ressources

Si quelque chose s'est passé sans ton accord, sache que tu n'es pas seul·e et que ce n'est pas de ta faute. Il existe des personnes formées pour t'écouter, sans jugement et en toute confidentialité.

💬 Ce qu'il est important de savoir

Ce n'est jamais la faute de la victime. Ni la tenue, ni l'endroit, ni la relation passée, ni ce que tu as pu dire avant ne justifient quoi que ce soit.
Tu peux porter plainte. En Suisse, tu peux déposer une plainte pénale jusqu'à 10 ans après les faits pour un mineur (délai de prescription étendu). Des associations peuvent t'accompagner dans cette démarche.
Parler aide. À un médiateur, une infirmière scolaire, un médecin, une ligne d'écoute. Tu n'as pas à traverser ça seul·e. La personne à qui tu parles n'est pas obligée de signaler sans ton accord (sauf danger imminent).

Si tu explores aussi…

Tu veux en parler ?

Si quelque chose s'est passé — ou si tu as des questions — tu peux écrire au médiateur du collège en toute confidentialité. Tu peux aussi appeler Viol-Secours au 0800 40 50 60, gratuit et anonyme.

Sources

Code pénal suisse — Art. 187 (actes sexuels avec des enfants), art. 189–190 (contrainte sexuelle / viol), art. 197a (représentations de violence) · Révision du droit pénal suisse sur le viol (2024, "Non c'est non") · LAVI — Loi fédérale sur l'aide aux victimes d'infractions · Fondation VIOL-SECOURS Genève · OMS — Définition du consentement sexuel (2021) · Fulu E et al. — Why Do Some Men Use Violence Against Women and How Can We Prevent It? (2017) · Ullman SE — Talking About Sexual Assault (2010)