Corps & Santé physique · 01

Santé sexuelle
& consentement

Des infos claires et sans tabou sur le consentement, la contraception, les IST et l'orientation sexuelle. Parce que personne ne t'a vraiment donné le mode d'emploi — et tu mérites des réponses fiables.

Tout ce qui suit est basé sur les recommandations de l'OMS, de l'OFSP et de la recherche médicale. Confidentiel, sans jugement.

La base de tout

Le consentement —
clair, libre, enthousiaste

Le consentement n'est pas juste l'absence de "non". C'est une notion active, qui s'applique à toute relation physique — quelle que soit sa nature.

✅ Signes d'un consentement clair
Un "oui" verbal direct et enthousiaste
Un langage corporel ouvert, actif et désirant
La personne initie le contact ou répond positivement
Elle est sobre et dans un état lucide
Elle peut s'exprimer librement sans crainte
Elle confirme si tu lui demandes comment elle se sent
✗ Ce qui n'est PAS un consentement
Le silence ou l'absence de résistance
Un "non" ou "stop" dit "pour rire"
Un consentement donné dans un état d'ivresse ou sous substances
Un accord donné sous pression, chantage ou insistance
Le fait d'avoir déjà consenti dans le passé
Une relation amoureuse ou conjugale
Consentement

Le consentement, c'est comme le thé — explication en moins de 3 minutes

Une analogie simple et efficace pour comprendre ce que le consentement signifie concrètement dans une relation.

Se protéger

La contraception —
les options disponibles

La contraception existe pour te permettre de décider toi-même si et quand tu veux être parent. Chaque méthode a ses avantages et ses limites — voici ce que tu dois savoir. Clique pour développer.

🔵 Préservatif (masculin ou féminin) 91–99% (typique)
Efficacité
Parfaite utilisation : 99%. Utilisation typique : 87–91%. La seule méthode qui protège contre les IST.
Accessible sans ordonnance
Pharmacies, distributeurs, centres de planning familial. En Suisse, certains centres fournissent des préservatifs gratuits.
À savoir
S'utilise à chaque rapport. Compatible avec d'autres contraceptifs (double protection recommandée). Vérifier la date de péremption.
🏆 Seule méthode qui protège à la fois contre la grossesse ET les IST. Recommandée même si une autre contraception est utilisée.
💊 Pilule contraceptive (combinée ou progestative) 91–99% (typique)
Efficacité
Parfaite utilisation : 99,7%. Typique (oublis, vomissements) : 91%. L'une des méthodes les plus utilisées en Suisse.
Sur ordonnance
Prescrite par un médecin ou le PROFA. Remboursée par la caisse maladie dès 12 ans et jusqu'à 25 ans en Suisse (depuis 2024).
À savoir
Ne protège pas contre les IST. Peut avoir des effets secondaires (humeur, libido, migraines) selon la personne — à évaluer avec un médecin.
💡 Depuis 2024, la pilule contraceptive est prise en charge par l'assurance de base en Suisse pour les femmes entre 12 et 25 ans.
🔁 Stérilet / DIU (dispositif intra-utérin) >99%
Efficacité
Supérieure à 99% — parmi les méthodes les plus efficaces disponibles. Effet sur 3 à 10 ans selon le type.
Accessible
Posé par un médecin ou gynécologue. Disponible aussi pour les jeunes qui n'ont pas eu d'enfants. Remboursé partiellement par l'assurance.
Types
Cuivre (non hormonal, peut augmenter les règles) ou hormonal (Mirena etc., peut réduire ou supprimer les règles).
Retireable à tout moment si tu changes d'avis. Idéal si tu cherches une contraception longue durée sans y penser quotidiennement.
Contraception d'urgence (pilule du lendemain) 75–95%
Quand l'utiliser
Après un rapport non protégé ou si la contraception habituelle a échoué (oubli de pilule, préservatif cassé). Le plus tôt possible après le rapport.
Efficacité
Dans les 72h : 75–89%. Dans les 24h : jusqu'à 95%. L'EllaOne (en pharmacie sur ordonnance) est efficace jusqu'à 120h (5 jours).
Accessibilité
En pharmacie sans ordonnance (levonorgestrel) ou sur ordonnance (EllaOne). Gratuite dans certains cantons. Ne remplace pas une contraception régulière.
⚠️ Ce n'est pas une contraception régulière — elle est réservée aux urgences. Elle n'interrompt pas une grossesse déjà établie. Elle ne protège pas contre les IST.
Infections sexuellement transmissibles

Les IST — ce que tu
dois vraiment savoir

Beaucoup d'IST ne donnent aucun symptôme — on peut les avoir sans le savoir et les transmettre. Se faire dépister régulièrement est un geste de santé responsable, pas une honte.

Fréquence
L'IST bactérienne la plus fréquente chez les jeunes en Suisse. Très souvent asymptomatique (70–80% des cas).
Transmission
Contact sexuel (pénétration, fellation, cunnilingus). Le préservatif protège efficacement.
Traitement
Antibiotique simple et efficace. Guérison complète dans quasiment tous les cas si traité à temps.
Risques si non traité
Peut affecter la fertilité à long terme (salpingite chez les femmes, épididymite chez les hommes).
💡 La chlamydia se dépiste par simple prélèvement (urine ou écouvillon). Gratuit ou peu coûteux dans les centres de dépistage. À faire au moins une fois par an si tu as des rapports non protégés.
C'est quoi
Le VIH (Virus de l'Immunodéficience Humaine) attaque le système immunitaire. Sans traitement, il évolue vers le SIDA. Avec traitement, les personnes séropositives vivent normalement.
Transmission
Sang, sperme, sécrétions vaginales, lait maternel. Pas par salive, poignée de main, toilettes, moustiques. Le préservatif protège efficacement.
Traitement
La trithérapie (ARV) permet aux personnes séropositives de vivre normalement et de ne plus transmettre le virus si bien traitées (indétectable = intransmissible = U=U).
PrEP & PEP
La PrEP est un traitement préventif. La PEP est un traitement d'urgence à prendre dans les 72h après une exposition possible — disponible aux urgences hospitalières.
💡 En Suisse, le dépistage VIH est remboursé. Il peut se faire en médecin, dans un centre spécialisé, ou avec un autotest en pharmacie. Le résultat est confidentiel.
Deux types
HSV-1 (souvent buccal — boutons de fièvre) et HSV-2 (souvent génital). HSV-1 peut aussi être génital par contact bucco-génital. Très répandu : 67% des personnes ont HSV-1.
Transmission
Contact direct avec une lésion ou par la peau même sans lésion visible. Le préservatif réduit (sans éliminer totalement) le risque de transmission.
Caractéristique
Le virus reste dans l'organisme à vie. Les crises (boutons, douleurs) peuvent être déclenchées par le stress, la fatigue, le soleil. Entre les crises, la personne est souvent asymptomatique.
Traitement
Pas de guérison définitive, mais des antiviraux réduisent la fréquence et l'intensité des crises et la transmission.
💡 L'herpès est extrêmement commun et très souvent banalement asymptomatique. Avoir l'herpès ne dit rien sur le comportement d'une personne.
Fréquence
Le HPV est l'IST la plus répandue — la plupart des personnes sexuellement actives en contractent un type à un moment de leur vie. La plupart des infections disparaissent spontanément.
Risques
Certains types (HPV 16 et 18) augmentent le risque de cancer du col de l'utérus, du pénis, de l'anus et de la gorge. D'autres causent des verrues génitales (pas cancéreux).
Prévention
Le vaccin contre le HPV est recommandé à 11–14 ans avant le début de l'activité sexuelle. En Suisse, il est remboursé pour les filles et les garçons jusqu'à 26 ans dans le cadre de la vaccination cantonale.
Dépistage
Le frottis cervical (smear test) détecte les anomalies liées au HPV chez les femmes. Recommandé tous les 3 ans dès 21 ans ou dès le début de l'activité sexuelle.
💡 Si tu n'as pas encore reçu le vaccin HPV et que tu as moins de 26 ans, renseigne-toi auprès de ton médecin ou de l'infirmière scolaire — il est encore temps.
🔍 Qui devrait se faire dépister, et quand ?
Si tu as eu des rapports non protégés, même une seule fois — un dépistage IST est recommandé.
Si tu as plusieurs partenaires — au minimum une fois par an, ou à chaque nouveau partenaire.
En cas de symptômes : douleurs, pertes anormales, brûlures, lésions — consulte sans attendre.
Le dépistage est confidentiel. Ton médecin n'en parle pas à tes parents sans ton accord.
En Suisse, tu peux te faire dépister gratuitement ou à faible coût au PROFA, dans les centres de santé sexuelle cantonaux, ou en médecin de famille. Certains centres proposent des autotests disponibles en pharmacie.
Qui on est

Orientation sexuelle
et identité de genre

Des questions sur ton orientation ou ton identité de genre ? Voici quelques repères scientifiques — sans jugement.

Ce que la science dit

L'orientation sexuelle — hétérosexuelle, homosexuelle, bisexuelle, asexuelle ou autre — est une caractéristique naturelle de la personne. Elle ne résulte pas d'un choix, d'une influence extérieure ou d'un "problème". Les principales organisations médicales mondiales (OMS, American Psychological Association) s'accordent là-dessus depuis des décennies.

L'identité de genre — le sentiment intérieur d'être homme, femme, non-binaire ou autre — est distincte de l'orientation sexuelle et de la biologie. La dysphorie de genre (décalage entre l'identité ressentie et le corps) est reconnue par la médecine comme une réalité qui mérite accompagnement.

Les "thérapies de conversion" (pratiques visant à changer l'orientation sexuelle ou l'identité de genre) sont inefficaces, psychologiquement dommageables et font l'objet d'interdictions dans plusieurs pays. Elles ne sont pas reconnues par aucune organisation médicale sérieuse.

Si tu traverses des questions sur ton identité ou ton orientation et que c'est difficile à porter, tu n'es pas seul·e. Plusieurs organisations spécialisées peuvent t'accompagner — voir les ressources ci-dessous.
Où trouver de l'aide

Des ressources
sans tabou

Sources scientifiques et légales

OMS — Santé sexuelle et reproductive (who.int) · OFSP Suisse — Santé sexuelle, contraception et IST (ofsp.admin.ch) · Code pénal suisse — Art. 190 révisé (1er juillet 2024) · American College of Obstetricians and Gynecologists — Contraception for adolescents (2020) · ECDC — Chlamydia in Europe (2022) · UNAIDS — Global AIDS Update (2023) · American Psychological Association — Guidelines for psychological practice with transgender and gender nonconforming people (2015) · WHO — Eliminating violence against children: implementing the global plan (2016) · Santé Publique France — Contraception en France (2021)